Le texte retrace l’évolution des communications, du téléphone à Internet. Alors que les échanges relevaient du droit commun, on applique aujourd’hui des logiques de contrôle issues des médias et des fichiers. Résultat : une communication entre individus devient un objet de régulation préventive.
☎️ Le téléphone : la communication ordinaire
Au départ, il y a le téléphone.
Des individus qui se parlent, de personne à personne. Un opérateur qui transporte la voix.
Quand ça dérape — appels anonymes, menaces, harcèlement — on ne s’en prend pas au réseau.
On règle ça a posteriori, entre humains, devant un juge.
On n’a jamais tenu l’opérateur responsable de ce qui se disait au bout du fil.
📺 Radio & télévision : la peur de la propagande
Puis arrivent la radio et la télévision.
La communication devient unilatérale : quelques émetteurs, des millions de récepteurs.
Après la guerre, une peur s’installe : celle d’une propagande capable de s’injecter dans les esprits.
La crainte de la manipulation de masse justifie alors :
l’encadrement la centralisation la régulation « pour protéger le public »
Dans ce monde-là, ça a du sens.
🗄️ Les fichiers : protéger le citoyen
Ensuite viennent les fichiers.
Pas la parole, pas la conversation : la mémoire.
Des bases de données invisibles, administratives, capables de définir un individu sans qu’il le sache.
C’est dans ce contexte qu’apparaît la CNIL : une logique défensive, ciblée, cohérente pour protéger le citoyen.
🖥️ Le Minitel : le réseau gouvernable
Puis arrive le Minitel.
Un réseau, oui — mais :
fermé centralisé piloté par le haut
Il renforce une idée déjà installée : 👉 un réseau, ça se gouverne.
🌐 Internet : la conversation horizontale
Quand Internet apparaît, on ne repart pas de zéro.
On applique :
les mêmes grilles de lecture les mêmes réflexes institutionnels
Sauf qu’Internet n’est :
ni un fichier ni un média de masse ni un service centralisé
C’est une conversation horizontale. Des humains qui parlent à d’autres humains.
⚖️ Le paradoxe
Et pourtant, on reste sur le même schéma : 👉 une autorité administrative pour encadrer des échanges entre personnes.
On a ainsi créé un régime d’exception pour ce qui relève historiquement du droit commun.
Alors même que :
l’ART puis l’ARCEP contrôlaient les tuyaux pas ce qui passait dedans
📑 Note :
Il ne s’agit pas de nier la régulation actuelle, mais de questionner le moment où la communication numérique a cessé d’être traitée comme une relation entre individus, relevant du droit commun.
