Indeed est une surcouche du recrutement : un agrégateur qui centralise des offres issues de multiples sources. Les contenus y circulent dans un flux indexé et détachable. Une lettre de motivation peut ainsi être lue au-delà de son contexte, comme un texte à part entière.
Indeed n’est pas un simple site d’emploi.
👉 C’est un agrégateur
👉 qui indexe et centralise des offres venues de multiples sources
👉 et les rend consultables dans un même flux
Autrement dit :
👉 une surcouche au-dessus de multiples plateformes de recrutement
🧭 Un espace hybride
On y trouve :
- des offres d’entreprises
- des annonces issues d’autres sites
- des candidatures directes
Le tout :
👉 indexé
👉 searchable
👉 intégré dans un flux unique
🎯 Le format
La lettre de motivation y est un objet particulier :
👉 adressée à quelqu’un… mais souvent lue ailleurs
👉 contextualisée… mais détachable
👉 professionnelle… mais publiable
Lettre de motivation de Bernard l’Ermite
(déposée sur Indeed après le refus poli du Monde)
Madame, Monsieur,
Je suis souvent dans le train en ce moment, donc je scrolle beaucoup — et, fatalement, je lis énormément de bêtises.
La dernière en date ?
Cette explication selon laquelle les parents “se laissent séduire par les discours anti-écrans”, comme s’ils glissaient dans une dérive mystique.
Du peu de Boudon qu’il me reste coincé sous ma carapace, ça ne tient pas.
Ce n’est ni une séduction,
ni une mode,
ni un mouvement irrationnel :
c’est un choix rationnel, situé, cohérent.
Et surtout :
nombre de ces parents ne sont pas technophobes — loin de là.
Ils montent des NAS pleins de dessins animés,
émulent des consoles rétro,
bricolent des Makey Makey,
posent des DNS filtrants maison.
Ils aiment la technique.
Ce qu’ils refusent,
c’est que leurs enfants deviennent des supports publicitaires
ou des vecteurs de tracking.
Il faudrait d’ailleurs distinguer deux peurs différentes :
- la peur médiatisée du “numérique dangereux”, très présente mais peu étayée scientifiquement ;
- le refus légitime qu’un enfant devienne un flux de données monétisable.
Un refus ancré dans des analyses déjà bien documentées.
De plus, la norme de “résistance aux écrans” a été légitimée par les CSP+.
Ceux-là mêmes qui fuient un Internet dégradé
parce qu’ils ont le capital économique,
le capital culturel
ou les littératies numériques pour le faire.
Et moi, médiateur numérique, je devrais faire quoi ?
Les évangéliser au solutionnisme algorithmique ?
Je peux les rassurer sur le fait que les écrans ne sont pas dangereux pour leur enfant,
je peux leur expliquer les problèmes sociétaux que la technologie pose,
mais je ne peux pas leur dire ce qu’ils doivent faire,
ni décider à leur place.
C’est précisément pour cette raison que je ne suis pas favorable :
- à la vérification de l’âge,
- à l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs.
Quant au “couvre-feu numérique”, je n’en parle même pas…
J’aurais voulu publier ce texte dans Le Monde.
Réponse : « merci, mais non ».
Alors je le poste ici, sur Indeed,
à la place d’une lettre de motivation.
Je sais que je n’ai ni le profil ni les compétences pour le poste que vous proposez —
et d’ailleurs, il ne m’intéresse pas.
Mais c’est, à ce jour, le seul moyen que j’ai trouvé pour être lu.
Bien à vous,
Bernard l’Ermite 🦀
Le drone observe : candidature non retenue, diffusion élargie.
