Le scroll est-il piloté par l’algorithme ?

Les données montrent surtout un effet du contexte, pas une capture automatique


Le scroll est-il piloté par l’algorithme ?

Le scroll n’est pas piloté uniquement par l’algorithme : il dépend du contexte. Fatigue, lieu, présence sociale ou multitâche modulent fortement le comportement. Pas de capture automatique : l’attention reste située et régulée par les conditions d’usage.

On parle beaucoup de “l’algorithme qui capte”. Comme si le design suffisait, à lui seul, à produire un comportement.
Comme si le scroll était une mécanique autonome.

Mais que se passe-t-il quand on observe l’usage réel ?


👁️ Une hypothèse dominante

Le feed agirait de manière uniforme :

  • il capterait l’attention
  • il prolongerait le scroll
  • il réduirait la capacité à s’arrêter

👉 l’algorithme déciderait


🔬 L’étude

Meinhardt et al. (2025) suivent 72 participant·es pendant 7 jours.

Une application détecte le scroll continu,
déclenche un “take a break” après 15 minutes,
et mesure :

  • la réactance (rejet de l’intervention)
  • la réactivité (temps pour arrêter)

Le tout en conditions réelles :

👉 transports, domicile, travail, restaurants…


😴 La fatigue ne “capture” pas — elle prolonge

Quand les participants sont somnolents :

  • ils rejettent moins l’intervention
  • mais continuent à scroller

👉 Pas d’hypnose
👉 plutôt une procrastination du coucher


👥 La présence sociale régule fortement

En public, surtout avec des inconnus :

  • arrêt plus rapide
  • sensibilité accrue aux interruptions

👉 La pression sociale agit plus que le design


🏠 Le domicile installe des routines

À la maison :

  • scroll plus long
  • moindre réaction aux alertes
  • continuité même en cas de fatigue

👉 Le scroll devient une habitude située


🍽️ Le multitâche interrompt naturellement

Quand d’autres activités sont présentes :

  • manger
  • discuter
  • regarder un écran

👉 les utilisateurs arrêtent plus facilement

Sans intervention.


🧩 Ce que montrent les données

Le même feed
ne produit pas le même comportement.

Tout dépend :

  • du lieu
  • de la fatigue
  • de la présence d’autrui
  • de l’activité en cours

👉 Le design n’agit jamais seul


🎯 Ce que ça déplace

Dire que “l’algorithme capte l’attention” est réducteur.

Ce que montrent ces résultats :

👉 l’attention est située
👉 le comportement est contextuel
👉 le scroll est modulé en permanence


🤝 L’attention n’est pas capturée, elle est rencontrée

Les plateformes n’imposent pas un effet uniforme.

Elles rencontrent des situations :

  • un lit
  • un bus
  • une table
  • une attente

👉 et c’est là que se joue le comportement


🎬 À suivre

Prochain épisode : les vidéos courtes.
Une efficacité apparente… à examiner de près.


📎 Référence

Meinhardt C., Pendyala S., Yildirim I., Schröder A., Butz A. (2025).
Scrolling in the Deep.

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