Le scrolling nous rend-il passifs ?

L’eye-tracking montre une attention active, sélective et contextuelle


Le scrolling nous rend-il passifs ?

Le scrolling n’est pas passif : l’eye-tracking montre une attention active et sélective. Le regard s’adapte au support (smartphone/ordinateur) et au contexte (public/privé). Les utilisateurs trient l’information, sans captation automatique ni perte de contrôle.

Le scroll a mauvaise presse.

Un geste répétitif.
Un mouvement sans fin.
Presque une hypnose douce.

Mais que montrent les yeux, quand on les observe vraiment ?


👁️ Une hypothèse très répandue

Le feed serait un piège :

  • il capterait l’attention automatiquement
  • il entraînerait une consommation passive
  • il réduirait l’utilisateur à un simple spectateur

👉 défiler = subir


🔬 L’étude

Mayer (2024) observe 201 participants face à un vrai fil Facebook.

Trois situations :

  • smartphone en public
  • smartphone en privé
  • ordinateur en privé

👉 Objectif : voir ce qui est réellement regardé


📱 Le support change la manière de regarder

Sur smartphone :

  • attention plus rapide
  • focalisation sur les titres
  • traitement visuel plus utilitaire

Sur ordinateur :

  • fixations plus longues
  • exploration plus large
  • rôle renforcé des images

👉 L’écran ne montre pas seulement : il oriente la lecture.


👥 Le contexte change aussi tout

En public (smartphone) :

  • regard plus furtif
  • moindre attention aux images
  • lecture accélérée

En privé :

  • attention plus étendue
  • exploration plus riche
  • temps de lecture plus long

👉 L’environnement module directement l’attention.


🎯 Une attention qui trie

Ce que montre l’eye-tracking est clair :

Les utilisateurs :

  • sélectionnent (titres, images, sources)
  • ignorent (texte secondaire, likes, hashtags)
  • adaptent leur regard à la situation

👉 Le feed ne capte pas tout.
👉 L’attention ne se disperse pas au hasard.


🧠 Pas d’hypnose, mais des choix

Aucun signe :

  • de captation automatique
  • de perte de contrôle
  • d’attention “aspirée”

👉 Le scroll n’est pas passif
👉 c’est une activité de tri rapide


🎯 Ce que ça change

Dire que “le feed nous absorbe” simplifie trop.

Ce qui se joue réellement :

  • le support influence
  • le contexte influence
  • le contenu influence

Mais :

👉 l’attention reste active
👉 sélective
👉 située


🎬 À suivre

Prochain épisode :
L’algorithme ? Peut-être moins que le contexte.


📎 Référence

Mayer, A.-T. et al. (2024). Headlines, Pictures, Likes: Attention to Social Media Newsfeed Post Elements on Smartphones and in Public.
Social Media + Society.

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