🗂️Captologie mon œil
Le gentil n’a qu’un œil. Le vigilant en a deux, bien ouverts.
La captation de l’attention est souvent présentée comme automatique. L’eye-tracking invite à rouvrir le regard : les usages apparaissent situés, sélectifs et contextuels. Moins de réflexes que de régulation. Une invitation à observer autrement plutôt qu’à conclure trop vite.
Il y a une manière confortable de regarder le numérique.
Une manière où tout est déjà expliqué :
les plateformes captent,
les interfaces manipulent,
les utilisateurs subissent.
Un monde lisible, presque rassurant.
Avec ses coupables, ses victimes, ses solutions.
👉 Le gentil n’a qu’un œil.
Il voit ce qui est montré.
Il reconnaît ce qu’il connaît déjà .
Il confirme ce qu’il pense.
Regarder avec deux yeux, c’est autre chose.
C’est accepter que le tableau soit moins stable.
Moins évident.
Moins spectaculaire aussi.
C’est déplacer le regard :
- des intentions supposées vers les comportements observés
- des discours vers les situations
- des évidences vers les détails
👉 Le vigilant en a deux, bien ouverts.
C’est là que l’eye-tracking devient intéressant.
Non pas parce qu’il donnerait une vérité définitive,
mais parce qu’il impose une contrainte :
👉 regarder ce que font réellement les yeux
👉 et parfois constater qu’ils ne font pas ce qu’on attendait
Les résultats accumulés jusqu’ici ne dessinent pas une révolution.
Ils font quelque chose de plus discret — et peut-être de plus dérangeant :
- ils compliquent l’idée d’une captation automatique
- ils montrent une attention souvent active, sélective, située
- ils réintroduisent du contexte là où l’on parlait de mécanismes
Alors non, cela ne blanchit pas les plateformes.
Et non, cela ne rend pas les usages anodins.
Mais cela oblige Ă poser autrement la question :
👉 que se passe-t-il réellement, quand on regarde ?
Captologie mon œil n’apporte pas de réponse définitive.
C’est un déplacement.
Un dossier en cours.
Une invitation Ă rouvrir les deux yeux.
Et à regarder, peut-être, un peu plus précisément ce qui se joue.
Le smartphone capte-t-il vraiment notre attention ?
Publié le
24th Nov 2025
L’eye-tracking montre que le smartphone capte moins l’attention qu’on le croit : peu de regards en cours de tâche, impact limité sur la performance, mais une vigilance en arrière-plan. L’attention n’est pas passive : elle se régule, se négocie, se gère.
Les icônes des réseaux sociaux attirent-elles vraiment l’œil ?
Publié le
1st Dec 2025
Les icônes des réseaux sociaux ne captent pas automatiquement l’attention : aucune attraction visuelle mesurable, même chez les gros utilisateurs. Les regards suivent la tâche, sans biais attentionnel. L’idée d’un déclencheur addictif visuel ne se confirme pas expérimentalement.
Lire en ligne fait-il perdre l’attention ?
Publié le
8th Dec 2025
La lecture en ligne n’est pas une perte d’attention mais une adaptation : on scanne, on repère, on sélectionne. Déjà observé en 2005, ce “butinage cognitif” reste la norme aujourd’hui. Le numérique ne détruit pas l’attention, il transforme la manière de lire.
Le scrolling nous rend-il passifs ?
Publié le
11th Apr 2026
Le scrolling n’est pas passif : l’eye-tracking montre une attention active et sélective. Le regard s’adapte au support (smartphone/ordinateur) et au contexte (public/privé). Les utilisateurs trient l’information, sans captation automatique ni perte de contrôle.
Le scroll est-il piloté par l’algorithme ?
Publié le
11th Apr 2026
Le scroll n’est pas piloté uniquement par l’algorithme : il dépend du contexte. Fatigue, lieu, présence sociale ou multitâche modulent fortement le comportement. Pas de capture automatique : l’attention reste située et régulée par les conditions d’usage.
Les vidéos courtes captent-elles automatiquement l’attention ?
Publié le
11th Apr 2026
Les vidéos courtes n’hypnotisent pas l’attention : elles accélèrent la sélection. Chaque contenu est évalué en quelques secondes, puis accepté ou rejeté. Le temps passé tient surtout à l’enchaînement fluide des vidéos et au contexte d’usage, pas à une captation automatique.