Paul, médiateur numérique, soulève un point clé : l’EMI dérive souvent vers la régulation individuelle (addiction, santé mentale) au lieu d’analyser les systèmes. En réponse, nous proposons une approche par situations concrètes pour rendre visibles les mécanismes des plateformes.
Persona
Prénom : Paul
Âge : 29
Profession : Médiateur numérique
Parent : Non
Enfants : Puisque la réponse au-dessus est non !
Incident
Type : Glitch administratif
Situation :
Je viens de lire un article qui traite de l'économie de l'attention et d'éducation aux médias et à l’information. Le propos est qu'en raison de la dangerosité des plateformes une EMI est nécessaire.
Ce que l'utilisateur est censé faire
J'essaie d'expliquer le fonctionnement des plateformes, des algorithmes de recommandation, des dark patterns, etc.
Ce qui se passe réellement
Je parle plus de l'utilisateur, de santé mentale, d’addiction, de régulation individuelle. D'ailleurs toutes les questions que l'on me pose tournent autour de ça.
Le moment absurde (ce qui ne colle pas)
Je suis médiateur numérique pas psychologue, médecin ou infirmier. D'ailleurs eux ne s'y connaissent pas plus que moi en design, UX ou HCI.
Information complémentaire
Voici le lien de l'article.
Réponse du drone
Bonjour Paul,
Merci pour votre signalement.
En effet, on parle beaucoup de la nécessité de l’EMI — et ce n’est pas nous qui allons dire le contraire. Mais vous mettez le doigt sur une difficulté réelle, presque structurelle.
D’abord, la qualification juridique d’un préjudice ne produit pas automatiquement un diagnostic médical. Le droit traite un cas situé, construit pour être jugé, et non une réalité généralisable. Autrement dit : ce qui fait jurisprudence ne fait pas forcément épidémiologie.
Or, dans le cas de l’économie de l’attention, nous ne disposons pas d’un consensus solide sur :
- la taille de l’effet
- la prévalence
- la balance bénéfice/risque
Ce flou ouvre un espace… où l’interprétation prend vite le dessus.
Et c’est là que le glissement opère.
L’EMI, au lieu de se centrer sur la compréhension de systèmes complexes (design, modèles économiques, logiques de captation), peut basculer vers une approche de régulation comportementale individuelle :
comment limiter, contrôler, se protéger
Ce déplacement est compréhensible — il répond à une demande immédiate — mais il transforme en partie le rôle du médiateur.
Vous le formulez très bien : vous n’êtes ni psychologue, ni professionnel de santé. Et surtout, votre champ d’action n’est pas celui du soin, mais celui de la mise en lisibilité d’environnements socio-techniques opaques.
À titre d’appui : comment nous travaillons la question
De notre côté, nous avons rencontré exactement le même phénomène. Pour éviter ce basculement, nous avons légèrement déplacé notre manière d’intervenir.
Nous partons moins de discours généraux… et davantage de situations concrètes, souvent sous forme de récits.
Par exemple, dans un atelier, nous suivons un personnage qui télécharge un jeu “gratuit”. Plutôt que de parler d’addiction, nous observons pas à pas :
- ce qui est demandé
- ce qui est encouragé
- ce qui est freiné
- ce qui est monétisé
Très vite, les échanges changent de nature :
- les participants décrivent des mécanismes
- identifient des stratégies de design
- questionnent les choix proposés
Et, fait intéressant, la question du “manque de volonté” devient secondaire.
Dans d’autres formats, nous proposons également de :
- cartographier les usages (choisi vs subi)
- analyser une plateforme en termes d’incitations et de marges de manœuvre
- produire une synthèse collective (par exemple sous forme de guide)
Ce type de démarche permet de revenir au système sans nier les effets vécus, mais sans les réduire à une question individuelle.
En résumé
Plutôt que :
“comment aider les usagers à se réguler ?”
nous essayons de poser :
“qu’est-ce qui est conçu pour orienter leurs comportements, et comment le rendre visible ?”
Cela ne répond pas directement à toutes les inquiétudes… mais cela redonne une prise là où, souvent, il n’y en a plus.
Si cela peut vous être utile, nous avons formalisé ces approches dans deux fiches d’ateliers :
Elles peuvent servir de point d’appui, à adapter librement selon vos contextes d’intervention.
Dronement vous,
Le drone
Évaluation
Tous nos KPI sont éthiques et eco-responsables.
Vous avez trouvé notre réponse :
L'entraînement du drone est 100% automatisé.
Aucun humain sous-payé ne sera maltraité.
Contrôle qualité
Vous avez trouvé notre réponse :
Chargement...
Votre satisfaction est notre priorité.
